Armand Berthiaume

 

«Il ne faut jamais oublier le 5 mai 1945» - Armand Berthiaume

 
Par Marie-Philippe Gagnon-Hamelin    
Le Courrier du Sud, Lundi 5 mai 2014
 
À la fin avril 1945, les Alliés entrent à Berlin, où Hitler se donne la mort. Le 5 mai, les Allemands signent la reddition des forces allemandes aux Pays-Bas, au Danemark et dans le nord de l’Allemagne. Le jeune soldat canadien Armand Berthiaume, 19 ans, se trouve alors en Allemagne, tout près de la frontière hollandaise.Pour le vétéran longueuillois Armand Berthiaume, 88 ans, le 5 mai 1945 reste une des plus belles journées de sa vie, qui se doit d’être soulignée au même titre de l’armistice du 11 novembre 1918, fin de la Première Guerre mondiale.
 
«J’ai entendu des gens crier et tirer en l’air dans la rue, raconte-t-il avec émotions. Je suis sorti pour voir ce qui se passait et on m’a dit que la guerre était finie. Je me suis dit "Oh my god! Je m’en vais chez moi, voir ma mère, mon père, mes frères, mes sœurs, avec mes deux bras et mes deux jambes!"»
 
Apprendre à vivre
 
Armand Berthiaume s’est engagé dans l’armée comme volontaire actif en 1944. Jusqu’à son retour à Montréal en 1946, il sera tout à tour soldat, brancardier, photographe, cuisinier.
 
«Dans l’armée, j’ai appris à vivre comme un animal, avec rien. De l’eau sale, j’en ai bu et je suis toujours là. Mais ce que j’ai appris de plus précieux c’est de ne jamais haïr qui que soit.»
 
C’est d’ailleurs ce qu’il retient de sa rencontre avec la reine Beatrix des Pays-Bas, reine du «plus beau peuple du monde», qui a elle-même épousé un Allemand. «Il faut vivre dans l’amour, l’harmonie et la paix. Un jour à la fois. Demain n’appartient à personne.»
 
Une rencontre incroyable
 
Lors d’un voyage au canal de Panama, il y a quelques années, M. Berthiaume demande à un homme s’il peut s’asseoir à sa table. «Ja!», répond-il. Ils se mettent alors à discuter en allemand et l’homme lui apprend qu’il adore les Canadiens, qui l’ont bien traité lorsqu’il a été fait prisonnier à Groningen, aux Pays-Bas, en avril 1945.
 
«Quand je suis sorti les mains en l’air, il y avait un homme avec une mitraillette et j’avais très peur qu’il me tire dessus. Il n’a pas tiré.» Ce soldat, c’était Armand Berthiaume.
 
Après la guerre, M. Berthiaume a rencontré Monique, la seule et unique femme de sa vie, avec laquelle il a été marié 57 ans, jusqu’à son décès en 2006. Ils ont eu 4 enfants.
 
Le vétéran a été camionneur durant de nombreuses années et a aussi été très actif dans l’immobilier, particulièrement dans le quartier Notre-Dame-de-Fatima, à Longueuil, où il réside depuis 1963. Il a effectué de nombreux voyages en Europe, notamment pour le 65e anniversaire de la fin de la guerre, en 2010.

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Rédaction: Jacques Landry  
Graphisme: Francine Boisvert  
Développement: Daniel Rose
 
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